Le chemin: mon moteur
Bonjour à tous,
De
retour pour vous raconter un peu ces derniers jours ! Comme je vous le
disais sous ma précédente vidéo la chaleur est belle et bien là, pas toujours
facile mais heureux de retrouver la France. Merci à tous pour vos réactions à
la découverte de la chanson de Michel ! J’ai été contacté par Lames de
joie qui m’informe que grâce à vos dons c’est déjà 1795€ qui sont récoltés,
vous êtes incroyables ! bientôt la somme qu’il faut pour une lame ! Du
17 au 28 mai c’est 223 km rajoutés à ma prothèse. Bonne lecture.
« Je veux être, comme on dit, quelqu’un de bien. Si je peux rendre la journée d’un inconnu un peu meilleure, alors j’irai me coucher en paix ». Tobey Maguire dicte bien ce que je vis actuellement sur le chemin et plus particulièrement cette semaine, grâce à ces petites rencontres éphémères que la providence du chemin m’offre généreusement sans que je demande quoi que ce soit : un café ou un déjeuner offert, des hôtes qui me reçoivent parfois sans contributions, des personnes qui viennent spontanément vers moi pour m’encourager. Tous ces petits gestes affectueux que je reçois ne peuvent que rendre ma journée meilleure pour continuer ma marche, ils iront donc se coucher en paix.
Cette semaine, j’ai
dépassé les 1000 kilomètres ce qui représente 1 tiers de mon pèlerinage avant
mon arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle. Un pas après l’autre, sur des
terrains compliqués, à crapahuter, certaine fois il me faut plus d’une heure
pour faire seulement un petit kilomètre, mais peu importe le temps que je dois
mettre pour finir mon étape du jour, il fait nuit tard maintenant…. Le
principal c’est d’avoir cette satisfaction que, malgré mon handicap, JE PEUX LE
FAIRE. Sur la via Della Costa j’ai privilégié plutôt les routes que les
sentiers et je me suis vite aperçu que marcher sur le macadam devenait très
lassant et surtout très bruyant par le nombre incalculable de voitures.
J’emprunte désormais la via Aurelia depuis le vendredi 17 mai qui relie Menton
à Arles d’une distance d’environ 400 km pour 13000 mètres de dénivelés, dont la
moitié en positif. Je décide de suivre scrupuleusement le tracé pour éviter le
plus possible les routes, qui m’évitera certainement de la fatigue et de la
perte de poids... Mais au fond de moi, j’ai besoin de ce surpassement, de cette
envie de pousser mes limites en homme libre, grâce à cette persévérance, grâce
à l’amour du chemin ! Je suis aidé par Aude et Philippe qui sont présents
à chacun de mes pas et surtout par Dieu. Quelle réjouissance de pouvoir prier
en pleine nature, quelle force insoutenable que le Seigneur me procure, quand
je me sens en difficulté dans certains moments, quand la fatigue ou le
découragement peuvent me gagner. Pour ceux qui n’ont jamais prié, je conseille
de le faire, en plus c’est une excellente thérapie qui ne coûte rien à la
sécurité sociale…
Certains matins, quand
j’ouvre les yeux vers 5h30, je me demande ce que je fais là… il va falloir
recommencer, encore et encore à marcher. Savoir que je vais être obligé de
faire des nombreuses pauses pour remettre correctement ma prothèse, dû à la
transpiration et à la perte importante de volume du moignon, alors que je
pourrais être tranquillement chez moi avec Aude, mes enfants ou à vaquer à mes
occupations quotidiennes. Il est clair que quelque fois je me fais violence,
mais ce qui est incroyable c’est que dès que mon sac est sur mon dos tous ces
doutes se dissipent comme par enchantement et me fait vite oublier ces moments
de faiblesse. C’est le chemin qui me mène par le bout du nez, il est plus fort
que moi, il m’append à me maîtriser dans mes efforts, finalement nous formons
un bon duo.
C’est donc une nouvelle
semaine bien remplie avec de beaux moments. Je me suis reposé deux jours chez
ma Tante Christine qui avait comme mission de me faire récupérer 1 ou 2 kilos.
Grâce à sa bonne volonté elle y est arrivé ! Merci ! J’ai eu la
chance d’être invité par l’association de Compostelle de Menton représenté par
Mario, sa femme Silvana et Claudine. Nous sommes allés à l’hôpital pour rendre
visite à Michel un fervent marcheur, diabétique, qui s’est fait amputer il y a
quelques mois avec des complications de cicatrisation. J’ai senti en lui une
force incroyable, ne pensant qu’à pouvoir repartir sur les chemins. Je pense
lui avoir dit des mots justes afin de lui remonter un peu le moral qui c’était dissipé.
Ce soir je me suis couché en paix.
Bien revigoré et reposé je reprends la route vers
Laghet. Au bout de quelques kilomètres je domine la principauté de Monaco. Vers
midi j’arrive à La Turbie, passant devant une terrasse où un couple de Suisse
m’interpelle me disant qu’ils m’ont aperçu à Menton il y deux jours. Spontanément
ils me proposent un café, nous sommes restés une demi-heure à papoter avant de
reprendre ma route pour rejoindre le sanctuaire de notre dame de Laghet où je
suis très bien accueilli par les sœurs présentent. J’ai la surprise de voir mon
premier pèlerin après 3 semaines de marche sans voir personne, Gérard breton de
Dinard. Nous avons de nombreux points communs, cela promet une bonne soirée. J’emprunte
aujourd’hui l’étape la plus compliquée de la voie Aurelia, 1650 mètres de
dénivelés dont 920 en positif. C’est donc motivé mais avec une certaine
inquiétude que je commence cette journée dès 7h00, après avoir fait mes adieux
à Gérard, plus inquiet que moi sur cette périlleuse ascension… Je vous passe
les détails des nombreuses difficultés de cette journée mais quel merveilleux
moment que j’ai passé au milieu des montagnes. Je préfère vous raconter ma
belle rencontre du jour à la boulangerie de Drap : Je rentre pour
m’acheter seulement une demie baquette. Je suis accueilli par Jeremy, le patron
de l’établissement, qui me fait un accueil triomphal devant ses nombreux
clients. Il me questionne et reste sans voix face à mon parcours et ma
prothèse, il fait même une story Instagram !! il m’offre la baguette et en
plus 2 parts de pizzas, un gâteau ainsi qu’un expresso. Quelle gentillesse. Je me
pose sur la terrasse extérieure pour boire mon café en compagnie de Romain, élu
de sa commune, une personne posée, très à l’écoute et la conversation entre
nous s’est faites tout naturellement, sans aucun jugement. Ce genre de
rencontre est indispensable pour un pèlerin, la providence nous fait rencontrer
des personnes extraordinaires, sans qu’ils aient conscience de la force qu’ils
peuvent me procurer pour continuer ma route en toute plénitude.
Mardi 28 mai je passe
la journée chez Proteor près de Toulon. Sébastien est venu me récupérer à mon
étape à Le Val pour réajuster ma prothèse, afin que je puisse continuer mon
chemin plus sereinement. Ils ont été très efficace, ayant perdu plus de 2cm d’envergure
au moignon je flottais complétement dans l’emboiture, c’est maintenant réajusté. Il
va me falloir quelques pas pour me réhabituer à cet effet de ventouse.
Je tiens à remercier
toute l’équipe de l’association de Compostelle Paca et du Var pour leur
dynamisme, leur spontanéité, leur gentillesse, afin que le simple pèlerin que
je suis puisse marcher sans se soucier du lendemain. Bravo et respect.
Merci à vous tous pour vos
nombreux messages de soutien et de bienveillance qui me donnent une force
insoutenable.
« Mieux vaut boiter sur le bon
chemin que de courir sur la mauvaise route ».
Saint-Augustin.
Ultreïa
Hervé, sa prothèse et ses béquilles 🥾🦿
https://www.google.com/maps/d/u/0/viewer?mid=1Pg3ES-gmxzMDJ1LA3cS56vcgyQZQJ4aD&ll=42.242939695107445%2C12.384144042206596&z=11

















Bonsoir Hervé,
RépondreSupprimerQuel véritable exploit ... sur Le Chemin ... qui ne peut que forcer l'admiration et montrer notre petitesse !
Puis-je partager ce blog avec un collègue de travail ?
Amitiés,
CK